Pour comprendre 1861, il faut distinguer trois réalités. L’Italie existait comme espace géographique : une péninsule reconnaissable, au centre de la Méditerranée, traversée de montagnes, de plaines et de côtes qui ont façonné les échanges et les relations politiques. Elle existait comme civilisation culturelle, forte d’une longue tradition littéraire, artistique et religieuse. Dante, Pétrarque, Machiavel, le droit romain, les universités médiévales, les républiques maritimes et Rome, centre de la chrétienté, avaient créé des repères communs bien avant l’unification politique.
Il n’existait pas pour autant d’État italien. Avant le Risorgimento, la péninsule était partagée entre le royaume de Sardaigne, les États pontificaux, le royaume des Deux-Siciles, le grand-duché de Toscane, les duchés d’Émilie, le royaume lombard-vénitien sous domination autrichienne et d’autres territoires dotés de gouvernements, d’armées, de monnaies, de frontières et de systèmes administratifs distincts. On pouvait se sentir italien au sens culturel ou littéraire sans se considérer comme citoyen d’un même État.
Dire que l’Italie a été inventée de toutes pièces en 1861 simplifie trop les choses. Dire que les Italiens formaient déjà depuis des siècles une nation compacte les simplifie tout autant. Des liens, des souvenirs et des imaginaires communs existaient, mais il manquait une citoyenneté partagée, des lois identiques, une administration nationale et une langue parlée au quotidien par la majorité de la population. [1]
Un début inachevé
Le 17 mars 1861, le Parlement de Turin proclama le royaume d’Italie. La date fut décisive sur le plan politique : un État italien unifié naissait pour la première fois, sous Victor-Emmanuel II. Ce royaume ne recouvrait pourtant pas encore l’Italie que l’on imagine aujourd’hui en regardant une carte.
La Vénétie et Mantoue n’entrèrent dans le royaume qu’en 1866, après la troisième guerre d’indépendance. Rome fut annexée en 1870, après la prise de Porta Pia, et devint la capitale effective en juillet 1871. Trente et Trieste restèrent hors des frontières italiennes jusqu’à la fin de la Première Guerre mondiale, en 1918. Le mot « unité » désignait donc un processus encore ouvert, bien davantage qu’une œuvre achevée en une journée. [2]
La nuance compte, car 1861 est souvent raconté comme un dénouement : Garibaldi, Cavour, Victor-Emmanuel, le drapeau tricolore, puis l’Italie moderne. La réalité fut plus heurtée. Le nouvel État devait étendre les lois et les impôts, constituer des armées, décider de l’administration de provinces aux histoires très différentes, créer des écoles, définir ses rapports avec l’Église et convaincre des populations qui vivaient encore peu auparavant sous des gouvernements distincts qu’elles appartenaient à une même communauté politique.
Dans de nombreuses régions de la péninsule, le passage au royaume d’Italie signifia aussi l’arrivée de nouveaux fonctionnaires, de tribunaux, de règles fiscales et d’obligations militaires. Pour certaines familles, le nouvel État apportait des perspectives de mobilité, des infrastructures nouvelles et l’idée de participer à une histoire nationale. Pour d’autres, il se manifestait surtout par la conscription, les préfets, les impôts et les forces de l’ordre. Les institutions peuvent tracer une frontière ; la confiance à leur égard demande bien davantage de temps.
L’empreinte piémontaise
L’Italie unifiée n’est pas née d’un accord entre des territoires placés sur un pied d’égalité. Elle s’est construite autour du royaume de Sardaigne, de ses institutions et de sa dynastie. Le Statuto Albertino, promulgué en 1848 pour le royaume de Sardaigne, devint la charte constitutionnelle du nouveau royaume ; une grande partie des structures administratives, militaires et juridiques piémontaises fut étendue aux territoires annexés.
Un détail en dit plus que bien des formules : Victor-Emmanuel, roi de Sardaigne depuis 1849, devint Victor-Emmanuel II, roi d’Italie. Il ne choisit pas de s’appeler Victor-Emmanuel Ier d’Italie. Le maintien de cette numérotation signalait la continuité dynastique et politique avec l’État savoyard. Treccani rappelle qu’il refusa précisément de changer de numéro afin d’affirmer cette continuité historique. [3]
Cela n’autorise pas à réduire le Risorgimento à la formule de la « conquête piémontaise ». Le mouvement unitaire associa des libéraux, des démocrates, des républicains, des volontaires garibaldiens, des élites urbaines, des paysans, des intellectuels et des groupes sociaux dont les projets étaient souvent très éloignés. Cavour, Mazzini, Garibaldi et Victor-Emmanuel n’imaginaient pas la même Italie. Le résultat final prit néanmoins une forme monarchique et centralisée, guidée par les institutions du royaume de Sardaigne.
La conséquence fut concrète : dans plusieurs parties du pays, le nouvel État put apparaître comme une réalité descendue d’en haut. Ce n’était pas seulement une impression. Les lois, la bureaucratie, l’armée et les codes provenaient en grande partie d’un modèle déjà en place, ensuite adapté à des territoires aux histoires administratives très différentes. Cette distance initiale n’explique pas à elle seule toutes les fractures italiennes ultérieures, mais elle aide à comprendre pourquoi l’unité politique n’a pas créé d’emblée une identité commune.
Une langue à construire
En 1861, il existait une grande langue littéraire italienne, mais pas encore de langue nationale réellement partagée dans la vie quotidienne. Beaucoup d’Italiens parlaient des dialectes ou des langues régionales, parfois très éloignés les uns des autres. Un paysan vénitien, un pêcheur sicilien, un artisan napolitain et un berger sarde pouvaient avoir du mal à se comprendre sans intermédiaire. L’italien était présent à l’école, dans la littérature, l’administration et les élites urbaines, mais il n’était pas encore la langue habituelle de la majorité.
Dans son Histoire linguistique de l’Italie unie, Tullio De Mauro a montré que la diffusion de l’italien fut un long processus social. L’instruction, l’urbanisation, les migrations, le service militaire, les journaux, la radio, la télévision et la mobilité professionnelle ont progressivement transformé le rapport des Italiens à une langue commune. La grammaire n’était qu’une partie de l’histoire. Parler une même langue permet de travailler ensemble, de comprendre une loi, de lire un journal, de prendre part à un débat politique et de se sentir membre d’un espace plus vaste que sa ville. [4]
Alessandro Manzoni avait bien saisi le problème. Sa réflexion sur la langue poursuivait un but pratique : un italien vivant, socialement praticable, capable de circuler au-delà des élites littéraires. Dans le débat qui suivit son rapport de 1868, la question linguistique devint ouvertement politique et sociale. [5]
Le roi lui-même ne parlait pas habituellement l’italien standard. Victor-Emmanuel II utilisait souvent le piémontais. L’image est parlante : le royaume d’Italie avait un souverain italien, mais ne possédait pas encore une langue commune solidement enracinée dans la société. Les dialectes portaient la texture de la vie locale : mots, humour, chansons, mémoire familiale. La difficulté apparaissait lorsque la distance linguistique se doublait d’une exclusion scolaire, sociale et politique.
La fracture méridionale
L’unification a réuni des territoires aux économies agricoles, aux systèmes fiscaux, aux structures foncières et aux administrations très différents. Le le Sud n’était ni un bloc immobile ni un espace naturellement voué au retard. On y trouvait des villes marchandes, des activités manufacturières, des ports, des réseaux d’échange et des sociétés locales complexes. Il y avait aussi de fortes inégalités dans la propriété de la terre, une pauvreté rurale marquée, des infrastructures fragiles et des rapports sociaux soumis à des hiérarchies rigides.
Le nouveau royaume hérita de ces différences et les accentua parfois en les rendant plus visibles sous une seule administration. L’extension des impôts, la conscription, les conflits fonciers, les crises rurales et l’hostilité envers les nouvelles autorités ont nourri de fortes tensions. Le brigandage qui suivit l’unification doit être lu dans ce cadre. Il a comporté de la criminalité armée et de la violence locale, mais le réduire à du simple banditisme empêche d’en comprendre les dimensions politiques et sociales.
Treccani rappelle que le mouvement apparu dans le Sud continental entre 1861 et 1865 fut une réaction à l’unification qui ne peut être qualifiée que partiellement de brigandage au sens ordinaire du terme. Anciens soldats bourboniens, paysans, propriétaires, groupes locaux hostiles au nouvel État, déserteurs et bandes criminelles y ont pris part. [6]
La « question méridionale » est née aussi de cette difficulté : construire un État commun sans traiter les différences territoriales comme des défauts moraux propres aux habitants d’une partie du pays. L’opposition entre un Nord vertueux et un Sud immobile demeure un raccourci répandu, mais pauvre sur le plan historique. Les inégalités italiennes ont des causes économiques, politiques, démographiques et institutionnelles ; elles ne procèdent pas d’un caractère naturel attribuable à des millions de personnes.
Rome et le pape
Rome était bien plus qu’un territoire à annexer. Elle était le siège du pouvoir temporel du pape, le centre symbolique de la catholicité et une ville de portée universelle. La prise de Porta Pia, le 20 septembre 1870, acheva l’unification territoriale du royaume, mais ouvrit une fracture délicate entre l’État italien et le Saint-Siège.
Pour une part importante des catholiques, le nouveau royaume était né en retirant au pape son pouvoir temporel. Pie IX ne reconnut pas la souveraineté italienne sur Rome et se déclara « prisonnier » au Vatican. C’est ainsi qu’est née la Question romaine, qui allait peser sur la vie publique italienne pendant des décennies.
Le non expedit, la consigne qui décourageait les catholiques de participer à la politique nationale, fragilisa davantage le rapport entre l’État libéral et la population catholique. Les catholiques demeurèrent actifs dans de nombreux rôles civiques et administratifs, mais l’instruction réduisit pendant des années leur participation organisée à la vie parlementaire. Treccani rappelle que le non expedit fut aboli en 1919, tandis que le règlement juridique de la Question romaine intervint avec les accords du Latran, signés le 11 février 1929. [7]
L’épisode montre combien il était difficile de créer une Italie politiquement unifiée sans entrer en conflit avec une partie de sa propre tradition. Rome était à la fois la capitale désirée, le centre religieux universel et le lieu d’une souveraineté pontificale perdue. L’État italien dut apprendre à vivre avec cette tension, tandis que les catholiques négociaient leur place au sein d’une nation que beaucoup regardaient d’abord avec méfiance.
L’État au quotidien
Faire l’Italie ne signifiait pas seulement gagner des batailles ou annexer des territoires. Il fallait créer une expérience quotidienne de l’État. L’école enseignait l’italien et une histoire nationale ; le service militaire réunissait de jeunes hommes venus de régions différentes ; les chemins de fer réduisaient le temps et les distances ; les préfets, les tribunaux, l’état civil, les impôts et les papiers faisaient entrer l’État dans la vie des habitants.
Cette présence pouvait être utile, intrusive, ou les deux à la fois. Pour quelqu’un qui vivait dans une petite commune, obtenir un certificat, prendre connaissance d’une loi, envoyer un enfant à l’école ou recevoir un avis de recrutement devenait une manière concrète de rencontrer l’Italie unifiée. La citoyenneté elle-même resta pourtant longtemps limitée. Au moment de la proclamation du royaume, le droit de vote actif n’appartenait qu’à une petite minorité masculine, soumise à des critères d’âge, de revenu, d’instruction et de propriété. Treccani estime qu’en 1861 environ 7 % des hommes adultes pouvaient voter. [8]
Une nation ne naît pas de frontières, de lois et de drapeaux seulement. Elle a aussi besoin d’expériences partagées et du sentiment que chacun est traité avec équité. Lorsque l’État offre instruction, transports, sécurité, justice accessible et possibilités de mobilité sociale, l’appartenance nationale devient plus crédible. Lorsqu’il paraît lointain, inefficace ou injuste, la famille, la commune, la région et les réseaux informels redeviennent les premiers lieux où l’on cherche une protection.
L’histoire italienne est traversée par ce double mouvement : centralisation des institutions et persistance des loyautés locales. Ce phénomène n’est pas propre à l’Italie. Dans le cas italien, toutefois, la rapidité de l’unification politique et la force des identités déjà présentes l’ont rendu particulièrement visible.
Les migrations intérieures
Les migrations ont davantage uni les Italiens que bien des discours publics. D’abord l’émigration à l’étranger, puis les déplacements intérieurs de l’après-guerre, ont transporté familles, dialectes, habitudes alimentaires et manières de vivre d’une partie du pays à l’autre. Un Calabrais à Turin, un habitant des Pouilles à Milan, une famille sicilienne à Gênes ou un Vénitien installé en Lombardie ont concrètement éprouvé ce que signifiait la rencontre avec une autre Italie.
Entre 1955 et 1975, selon l’Istat, environ 2,5 millions de personnes se sont déplacées du Sud vers le Nord-Ouest, et un peu moins d’un demi-million du Sud vers le Nord-Est. Turin et Milan figurent parmi les villes qui ont absorbé la plus grande part de ces flux, liés à la croissance industrielle de l’après-guerre. [9]
Les migrations intérieures ont mêlé les familles et transformé quartiers, écoles, usines et immeubles. Elles ont aussi produit des discriminations. De nombreux Méridionaux furent traités comme des étrangers dans leur propre pays : refus de location, insultes tels que terroni, méfiance envers les accents et préjugés sur la délinquance ou l’hygiène font partie de la mémoire de cette époque.
Le passage est important, car il montre que l’unité nationale n’efface pas automatiquement les hiérarchies territoriales. Elle les rend parfois plus visibles en mettant des personnes différentes les unes à côté des autres. Dans les villes industrielles du Nord, la proximité quotidienne força des millions d’Italiens à découvrir des traditions qu’ils ne connaissaient jusque-là qu’à travers des stéréotypes. Beaucoup de familles italiennes actuelles existent précisément grâce à ces rencontres, souvent difficiles, entre des territoires qui avaient vécu séparés pendant des siècles.
Des mémoires communes
Le XXe siècle a créé des symboles communs : la Première Guerre mondiale, le fascisme, la Résistance, le référendum institutionnel du 2 juin 1946, la Constitution, l’essor économique, l’école de masse, la télévision et le football. Aucun de ces éléments n’a rendu l’Italie uniforme. Ils ont néanmoins donné à des millions de personnes des images, des peurs, des fêtes, des deuils et des repères reconnus à l’échelle nationale.
La Première Guerre mondiale mit en contact des soldats venus de toutes les régions du pays, mais elle coûta aussi des centaines de milliers de vies et laissa des mémoires locales différentes. Le fascisme tenta d’imposer un nationalisme agressif, transformant l’idée de patrie en discipline, obéissance et propagande. La Résistance et la République sont nées dans un pays marqué par la guerre, la dictature, l’occupation allemande et la guerre civile.
La Constitution de 1948 proposa une autre idée de l’appartenance : la fidélité se déplaça du roi et du régime vers les droits, le travail, le pluralisme, les autonomies locales et l’égalité formelle des citoyens. La République a cherché à faire tenir ensemble l’unité nationale et la reconnaissance des différences territoriales. Elle n’y est pas toujours parvenue.
La télévision a joué un rôle tout aussi concret. Pendant des décennies, elle a diffusé un italien commun, des modèles de consommation, de la musique, des émissions de variétés, de la publicité, de l’information et des rituels collectifs. Le football a aussi joué sa part : la sélection unit pendant quatre-vingt-dix minutes, tandis que les championnats réactivent les rivalités de villes et de régions. La métaphore est imparfaite, mais utile. L’Italie partage de nombreuses émotions nationales sans renoncer à ses appartenances locales.
Plusieurs Italies
Le Nord et le Sud restent des catégories utiles pour décrire certains écarts économiques et sociaux, mais ils n’expliquent qu’une partie de l’Italie. Il existe des zones intérieures en difficulté dans les régions du Nord, des villes méridionales dynamiques, des districts productifs dans le Centre, des territoires de montagne dépeuplés, des périphéries métropolitaines fragiles et des côtes confrontées à des problèmes différents de ceux de l’intérieur.
Les données de l’Istat confirment que les écarts territoriaux restent marqués. Dans son Rapport annuel 2026, l’Istat relève des différences persistantes dans les conditions économiques et sociales entre le Sud, le Centre-Nord et les zones intérieures, avec des difficultés liées au dépeuplement, aux services de santé et à l’accès des jeunes aux possibilités d’avenir. [10]
La Banque d’Italie montre également que l’écart économique entre le Sud et le Centre-Nord a une longue histoire et ne peut être ramené à une seule cause. Le ralentissement de la productivité, la participation plus faible au marché du travail, la structure des entreprises, la démographie, la qualité des services et les infrastructures s’articulent différemment selon les territoires. [11]
La formule « Nord productif, Sud assisté » est donc un raccourci politique avant d’être une mauvaise description statistique. Elle risque de transformer des problèmes réels en identités morales : d’un côté, ceux qui méritent ; de l’autre, ceux qui pèsent. Un pays devient plus difficile à gouverner lorsque ses citoyens lisent les inégalités comme des fautes collectives, au lieu d’y voir des questions à traiter par l’investissement, des institutions qui fonctionnent et des responsabilités partagées.
Identités superposées
Le campanilisme italien est souvent traité comme une manie pittoresque : la rivalité entre villes voisines, le dialecte défendu avec obstination, l’interminable discussion sur la recette authentique, le derby comme guerre symbolique. Il peut parfois prendre la forme d’un repli. Il nourrit alors les stéréotypes, la méfiance et l’incapacité à reconnaître des intérêts communs.
Il peut aussi préserver des choses utiles. Les identités locales maintiennent vivants des mots, des fêtes, des cuisines, des métiers, des archives familiales, des associations, le bénévolat et les liens de voisinage. De nombreuses communautés italiennes ont une forte capacité d’auto-organisation parce que les habitants ressentent un lien concret avec leur commune, leur quartier ou la vallée où ils vivent.
La question n’est pas de choisir entre identité locale et identité nationale. Les Italiens vivent presque toujours avec les deux, en même temps que d’autres appartenances : européenne, religieuse, professionnelle, familiale ou générationnelle. Une femme peut se sentir d’abord palermitaine, puis sicilienne, italienne et européenne ; un homme peut changer cet ordre selon le contexte. Il n’y a là aucune incohérence. C’est ainsi que fonctionnent habituellement les identités collectives.
L’Italie est une parce qu’elle possède un État, une Constitution, une langue commune, une histoire institutionnelle et une immense quantité d’expériences partagées. Sa diversité a de tout temps fait partie de sa nature. L’unité devient fragile lorsque les différences locales servent d’alibi aux inégalités, aux stéréotypes ou à l’indifférence envers les autres. En 1861, un État a été créé. La construction d’une communauté nationale a été plus lente, irrégulière et reste ouverte : une pluralité d’histoires qui cherche encore une langue commune.
Bibliographie
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